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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 09:56

Kinshasa, le 20 mars 2015

En relisant mes notes, je m’aperçois que je ne parle jamais de ma maman, alors que mon père est mentionné à plusieurs reprises. Que personne n’y vois une préférence particulière pour lui, ni un oubli de ma part pour elle. Même Jésus avec sa nature divine n’a pas pu se passer d’une mère. Si j’ai parlé uniquement de mon feu père dans mes récits de voyage, c’est parce que je me suis arrêté avec mon bateau à Mbandaka, la ville où il a grandi.

Rappelez-vous, lors de mon deuxième voyage fluvial l’objectif fixé était de me connaître moi-même après mes déboirs avec ma Pénélope kinoise. Mais une personne peut-elle se connaître en ignorant la moitié de ses chromosomes ?

Ma mère est née à Bagata dans la province du Bandundu, alors que ses parents quittaient leur province natale du Kasaï pour se rendre à Kinshasa. Elle est née à mi-parcours. Sans doute m’a-t-elle transmis cette impression étrange d’être né trop tôt ou trop tard, entre deux époques : celle du plein-emploi et de la crise économique ? Deux cultures : occidentale et africaine. Même sur un terrain de foot, je cherche toujours ma place. C’est au milieu du terrain que je joue le mieux en distribuant le ballon : pas assez agressif pour bien défendre et trop tendre pour tirer à bout portant sur un gardien. Dans la vie, c’est pareil : pas assez méchant avec les hommes et trop gentil envers les femmes. Et les deux genres semblent me le reprocher.

Je connais les hommes et me fiche un peu de leurs opinions. En revanche l’univers des femmes m’intrigue. Un monde pavé de contradictions tout en étant harmonieux et cohérent. Mon esprit mathématique se perd dans leurs pensées labyrinthiques. En amours je gagne toujours par hasard. J’ai obtenu mes plus belles victoires après m’être persuadé que tout était perdu. Je me souviens de refus discrets qui se sont transformés par enchantement en un déluge de « oui ». Comme c’est beau le moment où un regard fuyant s’immobilise pour s’accrocher à celui de l’être aimé, comme si en cet instant précis la terre s’arrêtait de tourner.

Jeune garçon, j’étais beau comme un dieu, inutile de draguer. Il suffisait de choisir. A cinquante ans je m’efforce de garder un ventre plat, sans vraiment y parvenir. Ma Mercédès décapotable plaide pour moi, mais elle aussi commence à vieillir. Seul mon bateau arrive à séduire à ma place. Mes aventures fluviales captent l’attention des jeunes, suscitent l’intérêt des femmes matures et étonnent les plus âgées. L’attention, l’intérêt et l’étonnement seront la devise de mon futur voyage au Kasaï, sur le territoire maternel.

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commentaires

Pivoine 19/04/2015 21:46

Il n'y a pas de quoi me remercier, le plaisir est partagé. Tu sais, j'ai perdu mes deux parents il y a plus de 10 ans. Je connais la douleur ressentie à la perte d'un parent. Alain, tu as une chance inouïe d'avoir maman, alors profite. Dis lui combien tu l'aimes, montre lui tout l'amour que tu lui portes, chouchoute la autant que tu peux avant qu'il ne soit trop tard.. La vie est trop courte et pleine d'imprévus.

Alain 12/04/2015 03:55

Merci Pivoine. T'es commentaires me font tjrs très plaisir. Je vois que tu es uns personnes très sensible. A Kinshasa la connexion n'est pas bonne j'ouvrirai le lien plus tard.

Pivoine 09/04/2015 04:15

Très touchant! J'ai une petite larme qui perle. Profite bien de la douceur de maman et savoure pleinement les instants de bonheur que vous aurez à partager, En passant, je crois comprendre que Monsieur est collectionneur et semble addicte à l'ivresse des premières émotions de l'état amoureux looool. Bonne exploration! Hmmmm... Regale toi lol https://youtu.be/moE_dXt6-CQ

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