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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 13:49

Au château de Touraine

J’étais le secrétaire particulier de François Rabelais, j’ai vécu en Touraine au XVIème siècle sous le règne de François I et d’Henri II. Mon nom ne vous dira rien puisque l’Histoire ne parle jamais de moi. Et pourtant, j’ai aidé mon mentor à écrire ses plus beaux romans dont certains furent condamnés par la Sorbonne. Qu’à cela ne tienne, nombre de ses personnages sont entrés pour toujours dans l’histoire de la littérature en traversant les grilles de la censure. En effet qui ne connaît pas Pantagruel, Gargantua, Panurge ?

Dans ses archives, la Bibliothèque Nationale conserve mon seul manuscrit, difficile à dater et à identifier, puisque je ne suis pas connu du grand public. Le temps a ravagé mon ouvrage dont quelques bribes subsistent. Mon unique roman, inspiré d’une histoire vraie, était un chef-d’œuvre, croyez-moi. Je revendique la paternité de ce livre émouvant : « Les confessions intimes de Pivoine ». Je vous propose quelques extraits qui ont résisté au temps et à la censure. Ce passage choisi se déroule dans un château de Touraine, aujourd’hui en grande partie disparu. Pivoine s’adresse à Mister « A ».

- Comme la fleur Pivoine, je n’éclos que lorsque l’environnement dans lequel je me trouve me semble agréable. J’ai trouvé ce confort dans ton château. Il faut souligner que tu m’as toujours mise à l’aise malgré mes impairs.

Mister « A » :

- Mais je ne connais pas tes défauts.

Pivoine était troublée, ne sachant pas s’il s’agissait d’un compliment ou d’une remarque ironique.

- Rassure-moi. Un homme de ta trempe, pragmatique avec un brin de sévérité ne peut pas s’amouracher d’une roturière comme moi. Dans ton château, pullulent un florilège de beautés féminines. Je reconnais avoir un petit côté bohème et fleur bleue, pas à ce point quand même. Rassure-moi Mister « A » !

Des pages ont disparu, censurées ou à cause de l’usure du temps. Et le récit reprend quand elle s’approche de Mister « A » en disant :

- Accepte-moi telle que je me présente à toi.

Mister « A » veut la prendre dans ses bras, elle se dérobe au dernier moment.

- Il ne faut pas que tu franchisses certaines limites.

- Lesquelles ?

- Celles qui représentent ma zone de sécurité. Méfiance, prudence et discrétion se sont enracinés dans mes entrailles.

Et là, Mister « A » s’aperçut que Pivoine était une femme blessée dont certaines plaies saignent encore, trahie par un entourage déshumanisé. Avec résignation, il accepta la situation. Il n’insista pas. Elle tourna les talons et quitta le château de Touraine. Il était un peu triste, mais avait reçu la promesse qu’il serait le premier averti quand elle décidera d’ouvrir son cœur. Cet épisode renforça le respect qu’il avait pour elle. Il compatit à sa douleur.

Au musée des Nouvelles Technologies de la Communication (NTC) de Touraine, un vieux morceau de tissu est attribué à Pivoine.

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commentaires

Pivoine 13/06/2016 12:11

Merci pour ces mots gentils qui me vont droit au coeur. Telles les couleurs vives des tableaux de maître qui virent au pastel avec le temps, les douleurs des blessures intérieures s'éstompent. Je lis le tome I d'une série de trois livres dont voici le titre "Nouvelle histoire du premier empire" écrit par Thierry Lentz. C'est lourd comme lecture, pour remédier à son côté un peu barbant, j'intercalle avec des potins "Napoléon et Josephine" lool.

Alain 06/06/2016 22:44

Chère Pivoine,

Tout d'abord, je tiens à compatir à ta douleur et à te remercier pour ta confiance. Comment te répondre ? Cette parodie, qui t'a fait rire avec tes propres mots, montre combien certaines situations que tu décris sont dures et assez inhabituelles par leur sévérité. On se serait cru à Dallas avec JR Ewing. Ces trahisons, ces couteaux dans le dos, ces ennemis, cet entourage déshumanisé... Le pouvoir, une lutte pour le trône, un fabuleux héritage entraînent parfois ces excès. Je vois que cela peut se produire partout, comme tu m'as dit que ta famille n'est pas riche.

C'est ta vie. Je n'ai pas à la commenter. Je me réjouis de te connaître. Cela me comble suffisamment.

Napoléon est certainement un criminel de guerre, mais sa vie et son destin me fascinent. Il a consolidé les acquis de la Révolution et surtout il a introduit le Code civile, sans oublier les institutions d'un Etat moderne tel que nous le connaissons aujourd'hui. A une certaine époque, on était condamné à vivre comme un subalterne à cause de sa naissance. L'effort n'était pas récompensé. Pas de contrat. Pas d'égalité devant la loi. Napoléon a ouvert une ère nouvelle pour l'humanité. Un chauffeur de taxi peut devenir chef de l'Etat. J'ai un exemple en tête. Après Jésus, c'est Napoléon qui a le record de livre à son sujet. J'espère que ton livre te plaira. Un jour à Paris, nous irons peut-être ensemble visiter son tombeau aux Invalides. Une chose qui me reste à faire.

A.

Pivoine 04/06/2016 17:46

Mister "A" de retour! Contente de te lire...mais où étais-tu passé? Je n'arrive pas à arrêter de rire, j'en pleure même. Entre 2 fous rires, je mets environ 30 secondes pour récupérer mon souple lool Ta réédition tragi comique m'a beaucoup amusée. Merci d'être Toi! Lolement tienne.

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