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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 21:09
Révolution française : le Mouvement Populaire
 
La Terreur, dont le principal animateur était Robespierre, fut mise en marche sous la pression du mouvement populaire.
 
En France, le mouvement populaire s’est manifesté dès le printemps 1789 ; il faut en rechercher les origines dans l’aggravation des conditions matérielles de l’existence des boutiquiers, artisans et travailleurs parisiens, bien avant la Révolution. Ce mouvement, qui aux époques de crises a permis à la révolution bourgeoise de l’emporter, incarne malgré tout une vision de la société très différente de celle de la bourgeoisie.
 
Une des différences majeures entre la bourgeoisie et la sans-culotterie (mouvement populaire) est la conception de la propriété privée. Pour le bourgeois, la propriété est un droit naturel absolu que rien ne saurait limiter. Mais, pour le sans-culotte, la propriété ne se conçoit que fondée sur le travail personnel et limitée par le besoin de tous, la propriété n’a de base que l’étendue des besoins physiques.
 
Le sans-culotte ne respecte pas le sacro-saint principe de l’inviolabilité de la propriété privée.
 
Un autre exemple de différence était la conception de la démocratie. Les sans-culottes étaient favorables à un gouvernement direct : contrôle des élus, droit pour le peuple de révoquer leur mandat, vote à haute voix ou par acclamation. Ce comportement politique s’opposait à la démocratie libérale, dont le mandat parlementaire est protégé par la constitution.
 
La Montagne avait triomphé de la Gironde grâce aux sans-culottes parisiens, mais elle entendait résister à la pression populaire qui se manifestait avec de plus en plus de force, poussée par la crise économique. Il était hors de question pour les Montagnards de réaliser l’ensemble du programme politique et social que les militants populaires du comité insurrectionnel du 31 mai avaient mis en avant : taxation de toutes les denrées de première nécessité, fixation des prix et non des salaires, arrestation de tous les suspects, épuration des armés et de l’administration -en particulier- des nobles, etc. 
 
N’oublions pas que les Montagnards provenaient pour la plupart de la petite bourgeoisie, donc ils étaient avant tout des bourgeois. Ils ne souhaitaient pas s’aliéner le soutien des possédants et de la classe bourgeoise qui étaient restés neutres dans le conflit qui les a opposé à la Gironde. Ils étaient également conscients que seule la bourgeoisie était capable de fournir les cadres nécessaires pour gouverner le pays. En plus, selon eux les mesures préconisées par la sans-culotterie n’allaient pas toutes, loin s’en faut, dans le sens des intérêts de la France.
 
Malgré leurs divergences, l’alliance entre la sans-culotterie et la bourgeoisie montagnarde était cimentée par leur haine commune de l’ancien régime, dont ils redoutaient une possible contre-Révolution. La Montagne ne pouvant vaincre seule, elle dut se rallier au programme populaire. Comme elle tardait à l’appliquer, les sections populaires multiplièrent des démarches et des pétitions.
 
Pour défendre le pays, le mouvement populaire demandait la levée en masse –enrôlement forcé- , la terreur –la loi des suspect- et une économie dirigée, à savoir : fixation des prix de bien de première nécessité et des matières, le maximum des fortunes déterminées par la loi, etc.
 
Pour contenir la pression revendicatrice des sans-culottes et se laver du reproche de dictature, la Convention entendait faire voter le plus rapidement possible une constitution. La Constitution dite de 1793, votée le 24 juin, fixait les traits essentiels d’un régime de démocratie politique. Elle n’a malheureusement pas pu être mise en pratique à cause de l’instabilité qui régnait dans le pays.
 
Le 4 septembre l’effervescence populaire longtemps contenue éclata. Des rassemblements d’ouvriers se portèrent à la Commune de Paris pour réclamer du pain. Le 5 septembre 1793 des sections populaires s’assemblèrent en long cortège et marchèrent sur la Convention. Elle fut pacifiquement investi et envahie : les députés délibérèrent sous les regards du peuple. La Convention décréta l’arrestation des suspects. 
LaTerreur a été mise à l’ordre du jour, plusieurs libertés furent suspendues.

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