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30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 19:34
 
Une technologie pour le développement
 
 
1. Autosuffisance alimentaire
 
S’ils veulent atteindre l’autosuffisance alimentaire, le grand défi qui se pose aux Congolais, c’est d’organiser l’approvisionnement des grandes villes, alors que les campagnes sont très peu productives, et éloignées des grands centres urbains de consommation.
 
Pour surmonter ces difficultés il faudra procéder par étapes :
 
  1. Sélectionner le mode de transport le plus économiquement efficace
  2. Identifier les points de collecte de la production agricole
  3. Proposer un moyen de transport multifonctionnel qui puisse à la fois assurer le ramassage de la production agricole et son évacuation vers les points de collecte, sans enregistrer des pertes sensibles de qualité.
  4. Assurer l’acheminement des produits agricoles entre les points de collecte et les grandes villes.
 
En R D Congo le mode de transport le plus efficace est sans conteste le transport fluvial.
 
Dans une situation d’insécurité alimentaire conjuguée à une extrême pauvreté, la baleinière apparaît comme la solution idéale. Son coût de fabrication est nettement moins élevé que celui d’un bateau en métal. Le matériau de construction –le bois- est produit localement.
 
Ce sont des embarcations à fonds plat dont le tirant d’eau varie entre 0,6 et 1 mètre permettant ainsi la navigation en toute saison dans les petites rivières. Compte-tenu de son faible tonnage -40 t en moyenne - une distance commerciale rentable ne devrait pas excéder 500 km au grand maximum. Donc pour la R D Congo, cela signifie qu’il n’est pas raisonnable de partir de Kinshasa et d’aller au-delà de la province du Bandundu.
 
Le pragmatisme de l’économie informelle a imposé deux principaux points de collecte en produits agricoles dans le Bandundu qui permettent l’approvisionnement de Kinshasa : Bolobo et Mushie.
 
Bolobo est le point de rencontre le plus important dans la monde de l’économie informelle au Congo au sein du système fluvial. C’est le marché où s’échangent les produits agricoles artisanaux de la province de l’Equateur et les produits de première nécessité en provenance de Kinshasa.
 
Mushie se trouve au carrefour de plusieurs rivières permettant ainsi la collecte des produits du lac Maï Ndombe, d’Oshwe, de Kikwit, Bandundu-ville et Kenge.
 
Mushie est certainement une ville qu’il faudra développer.
 
Concernant son ravitaillement en denrées alimentaires locales, Kinshasa est approvisionnée par un réseau informel de transporteurs qui acheminent la production agricole artisanale des paysans vers la capitale. Ce système –à faible productivité par nature- est en train d’atteindre ses limites et ne permet pas de répondre à la demande d’une population urbaine qui ne cesse de croître. Le déficit en approvisionnement alimentaire de Kinshasa est partiellement comblé par de l’importation. Mais la tendance générale se caractérise par une dégradation constante de la sécurité alimentaire et par une augmentation de la malnutrition spécialement parmi les enfants de moins de 5 ans.
 
Une solution simple serait d’introduire des éléments de progrès technique dans l’organisation actuellement du secteur agricole, particulièrement dans le domaine du transport.
 
La société B³ Engineering propose l’utilisation d’une baleinière « modernisée » afin d’améliorer durablement le ramassage et l’évacuation de la production agricole –sans perte de qualité – vers les points de collecte que sont Bolobo et Mushie (la zone B dans la carte ci-dessous).
 
Ces sauts technologiques auront pour objectif d’augmenter la productivité des paysans ainsi que la conservation des aliments périssables pour permettre au Congo de tendre vers l’autosuffisance alimentaire.
 
Les acteurs de l’économie informelle ne vont jamais « spontanément » appliquer dans leur activité les avancés du progrès techniques. Ils évoluent dans un contexte de survie et de débrouillardise.
 
congo-repz-1-.jpg
2. Baleinière moderne
 
Depuis une centaine d’années l’économie occidentale a connu une prospérité exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité grâce à l’efficacité de ses moyens de communication qui ont « boosté » sa croissance économique. Le progrès technique a été mis au service de la télécommunication –télégramme, téléphone, satellite, informatique, internet- et du transport –autoroute, voiture, chemin de fer, TGV, aviation. Les occidentaux ont également eu la « chance » de disposer d’une source d’énergie capable d’accompagner ces progrès techniques : le pétrole. Il se fait que cette énergie non renouvelable est en train de s’épuiser.
 
Le Congo a tous les atouts pour bien réussir dans ce siècle qui commence. Il dispose de plusieurs sources d’énergie renouvelable (hydro-électricité, solaire) et de moyen de communication moderne – GSM, internet. En revanche le Congo ne fait rien pour améliorer son système de transport et pourtant il est doté d’une autoroute naturelle : le fleuve Congo.
 
Les Allemands ont révolutionné le domaine du transport au début du siècle passé en partant de rien, si ce n’est d’avoir les bonnes idées avant tout le monde. Ils ont inventé le concept d’autoroute, créer une voiture pour les utiliser –la « Volkswagen »- et produit du pétrole à partir de la liquéfaction du charbon afin d’assurer leur indépendance énergétique.
 
Le Congo a urgemment besoin de sa « Volkswagen » du fleuve pour contribuer à résoudre ses problèmes de transport et ainsi espérer une forte croissance économique accompagné d’une autosuffisance alimentaire.
 
Cette baleinière devrait être multifonctionnelle à savoir capable de transporté du fret et suffisamment confortable pour le transport de passagers –touristes. Elle pourra évacuer des vivres frais ainsi que des produits secs. Elle devrait être ni trop grande, ni trop petite, rapide sans trop consommer de carburant.
 
Un armateur Congolais Alain Bomboko –Ingénieur Commercial- avec un Ingénieur-Architecte Belge François Jossart ont conçu un modèle-type de baleinière moderne adapté au contexte socio-économique congolais et qui concilie le maximum des critères qu’on vient d’énoncer.
 
L’idéal serait qu’un jour ces baleinière puissent utiliser du biocarburant congolais.
 
C’est ce modèle qui va être présenté ci-après.
 
La société B³ Engineering a acquis les droits de fabriquer et de commercialiser ce modèle de baleinière.
3. VWF 1 : la baleinière du peuple
 
La baleinière du peuple VWF 1 sera une embarcation de 19,01 m de longueur avec 4,20 m de largeur et un creux  de 1,20 m. La charge utile sera de 15 tonnes en version fret. Elle pourra transporter 15 personnes au maximum en version passager. Pour des raisons d’hygiène toutes les baleinières seront équipées d’un WC, d’une douche, et d’une kitchenette, ce n’est jamais le cas actuellement au Congo.
 
La baleinière sera entièrement vitrée, elle disposera d’une climatisation. La grande innovation sera la possibilité de transporter des vivres frais ainsi que du poisson sous glace. La température à bord de devra pas dépasser les 25°C, alors la température ambiante moyenne est de 35°C.
 
Concernant la navigation, la future baleinière moderne sera équipée de toutes les nouvelles technologies d’aide à la navigation afin d’assurer la sécurité des expéditions : GPS, écho sondeur, Radio, internet sans fil, etc. L’énergie sera fournie par des panneaux solaires et l’eau potable sera disponible grâce à la purification de l’eau du fleuve.
 
La propulsion sera assurée par un moteur hors bord quatre temps Yamaha de 60 cv à forte poussée – FT60DETL – avec une carburation à injection électronique. La vitesse de croisière sera fixée à 20 km/h à la montée comme à la descente.
 
Vitesse du fleuve est de 3,5-4 km/h.
 
Sur le fleuve la baleinière consommera en moyenne 1 litre par km parcouru à la descente et le double à la montée.
 
En ce qui concerne les réservoirs nous aurons :
 
-         Eau potable : 2 x 250 litres
-         Essence : 2 x 1250 litres
-         Huile SAE 40 : 50 litres
-         Eau noire : 250 litres
-         Eau usée : 250 litres
-         Eau grise : 250 litres
 
Ces réservoirs seront gérés par un système de pompes.
4. La rentabilité
 
L’équipage sera composé de 4 personnes : un capitaine et son adjoint, ainsi que deux matelots.
 
Unité monétaire : Us $
 
Salaire journalier :
 
-         Capitaine : 10
-         Adjoint : 5
-         Matelot (2) : 5
 
Distance journalière parcourue en moyenne pour assurer le ramassage des produits : 100 km. Ce qui signifie une consommation moyenne journalière de 150 litres.
 
Quantité de produits chargée par jour : 2 tonnes
 
Coût journalier :
 
-         Personnel : 25
-         Carburant : 150
-         Divers : 200 (nourriture, divertissement, etc.)
 
Recette journalière :
 
-         2 tonnes x 0,50 : 1000 $ pour le fret (50 cents le kg)
-         1000 $ par jour. Le prix du ticket variant selon le nombre de passager
 
Marge brute journalière d’environ : 600 $ (taxe, amortissement, bénéfice)
 
Bénéfice social :
 
-         Possibilité d’une évacuation régulière de la production agricole et halieutique
-         Fourniture de biens de première nécessité aux villageois
-         Possibilité de voyager dans de bonnes conditions
-         Durée du voyage : quelques jours et non quelques semaines
-         Respect des normes sanitaires : possibilité d’exportation
-         Commercialisation de produits qu’on pourrait labéliser (achat aux producteurs)
-         Information sur les capacités de production des diverses localités
-         Monitoring en cas d’espèces en danger
-         Repérage de zones de production pour des cultures industrielles (Biocarburant)
-         Possibilité de transporter des médecins dans les zones rurales enclavées
-         Possibilité de transporter des fruits et donc de créer une industrie de jus de fruits
-         Possibilité de créer un marché aux poissons frais à Kinshasa
-         Réduction des maladies hydriques pour les passagers
 
Le réseau des baleinières modernes pourrait être géré par le ministère de l’Agriculture, l’association des armateurs (ANABBA) ou un opérateur économique désigné par le ministre de l’Agriculture ou du Plan.
 
5. Une subvention
 
Il y aura un décalage d’environ une année entre la capacité d’évacuation des produits et l’augmentation de la production agricole dans les villages. Il est possible que la première année les baleinières n’atteignent pas le tonnage minimal pour être rentables. Avant que les ajustements ne s’opèrent, il serait souhaitable que les baleinières puissent bénéficier d’une subvention en leur permettant de disposer gratuitement d’une certaine quantité de carburant. Le bénéfice social du projet milite pour cette solution.
 
Pour avoir un réel impact social, il sera nécessaire de faire construire au minimum 10 baleinières : 5 pour la zone de Bonobo et 5 pour Mushie.
 
Avec un budget de 500 000 Euro, le Congo peut se doter d’une capacité d’évacuation par le fleuve de 150 tonnes par semaine (prix d’une baleinière moderne de 15 t : 50 000 Euro). Si on ajoute 500 000 Euro de subvention pour le carburant, la production agricole nationale pourra être redynamisée avec un budget d’un million d’euro.
 
Le ministère de l’Agriculture –ou du Plan- contribuera ainsi à réduire sensiblement l’insécurité alimentaire sans recourir aux importations.
 
Comme les baleinières vont parcourir le fleuve et les rivières, une grande partie de production agricole sera constituée de poisson. Le poisson est une bonne source de protéine de qualité, riche en oligo-éléments, en vitamine –A, D, E-, et en oméga 3. C’est une nourriture riche pour population pauvre.
 
Rappel : La sécurité alimentaire consiste à avoir un accès physique ou économique à une nourriture saine et variée (FAO). A ne pas confondre avec la gestion durable (gestion de l’écosystème), ni avec la sécurité de la chaîne alimentaire (normes sanitaires).
 
La sécurité alimentaire traite bien des problèmes de transport et de conservation.
 

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