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J’habite rue de la gouttière
J’habite rue de la gouttière et possède un chat comme animal de compagnie. Noir, espiègle, rusé et boulimique. Un gros matou aux mœurs dépravées, un meurtrier en puissance. Il s’appelle « Omar ». Comme l'autre dans "Omar m'a tuer".
Noctambule jusqu’aux petites heures du matin, il adore les nuits de pleine lune où il rejoint sa bande de congénères pour je ne sais quel complot. De retour à la maison, après avoir commis moult forfaitures, il n’est pas rare que les phares de ma voiture croisent ses yeux brillants alors qu’il rode dans le jardin à la recherche d’une dernière bouchée de chaire fraîche. Je le soupçonne de massacrer les poulaillers du quartier car il semble sourire en ronronnant derrière sa moustache humectée de sang chaque fois qu’un voisin vient se plaindre chez moi.
Un chat dragueur qui courtise même les femelles qui ne sont pas en rute, en se fichant de l’horloge biologique de son espèce. Imbu de sa beauté. Fier et sans doute vantard.
Le contraire de ma personnalité. Je vis dans un ermitage, en véritable ascète. Loin des paillettes, des dîners en ville et des conversations de salons, …bref des futilités mondaines. Je ne regarde qu’une seule émission de télé : « On n’est pas couché ». Juste pour admirer Audrey Pulvar. Mon chat prend du plaisir à ma place. Je parie qu’il mourra d’une maladie vénérienne ou d’une cirrhose du foie. Mais il aura bien vécu en ces temps modernes. Au Moyen-âge, on l’aurait sûrement brûlé sur un bucher, comme un chat luciférien. Entre nous, je pense qu’il le mériterait.
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