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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 16:24

Le village « Maï Ndombé Bac »

 

La coopérative, « COOPEQUA » que nous animons dispose d’un site de 20 hectares situé au confluent du fleuve Congo et de la rivière Maï Ndombé. A environ 50 Km au nord de Maluku, 130 Km du centre de Kinshasa, à la frontière entre Kinshasa et la province du Bandundu. Le site « Maï Ndombe Bac » est magnifique, bénéficiant d’un environnement vierge de toute construction à part un petit village, sans trafic routier important, bercé par le bruit de l’eau, le souffle du vent…et le piaillement des oiseaux.

 

Mai-Ndombe-vue.jpg

 

La COOPEQUA a opté pour le développement durable ou plus précisément les moyens d’existence durable (MED) dans cette zone péri-urbaine.

 

En quoi consiste cette démarche ? Elle se compose d’un objectif développement, et d’un cadre analytique qui permet de comprendre les facteurs déterminants sur la capacité des personnes à trouver des MED.

 

a) L’objectif de développement consiste à  la lutte contre la pauvreté. La durabilité sociale des initiatives entreprises sera atteinte si les deux mille habitants du village Maï Ndombé Bac deviennent des partenaires du mécanisme de leur  propre développement. Un développement qui tienne compte d’au moins quatre points fondamentaux :

 

  • La conservation de la diversité biologique
  • La sécurité alimentaire
  • L’éducation de la communauté
  • La protection de la santé

 

b) Le cadre analytique. A Maï Ndombé Bac, seule l’agriculture de subsistance est pratiquée en utilisant la culture sur brûlis. Les paysans apprécient cette technique qui mobilise rapidement des éléments fertilisants et donne de bons résultats à court terme. Ils négligent le fait que dans un contexte de climat tropical humide, le sol ainsi privé de sa végétation naturelle subit un lessivage accéléré. De plus, l’exposition du sol nu au soleil amplifie son évapotranspiration, la volatilisation des éléments organiques solubles dès que la température atteint 45°, la disparition des activités des micro-organismes, la montée capillaire des sels solubles à la surface du sol entraînant des sols salins.

 

Banane-Pl.jpg

 

 

Il n’y aucune mécanisation dans le village. Les outils aratoires sont rudimentaires : machette, houe, coupe-coupe. En fait, la population préfère s’adonner à la fabrication du charbon de bois qu’aux travaux des champs, et s’approvisionne au marché de Maluku –à 50 Km- pour se nourrir. Pourtant, les analyses granulométriques du sol ont montré une bonne fertilité. Je pense notamment  aux terres limoneuses proches de la rivière Maï Ndombé et du fleuve Congo.

 

Cette intense activité de fabrication de combustibles ligneux –source de revenu- a détruit la forêt dans les alentours du village Maï Ndombé Bac, et, par conséquent, prive cette communauté d’une source importante d’aliments riches en protéines :

 

  • chenilles, petits rongeurs,
  • Antilopes, sangliers,
  • Les poissons qui se nourrissaient des déchets organiques de la forêt
  • Champignons, tubercules.

 

Puis-je me permettre de citer la Bible où Dieu a dit : « Mon peuple périt faute de connaissance ». Cette phrase me revient à  l’esprit quand je pense à la population du village Maï Ndombé Bac.  Voilà des personnes en grandes difficultés, alors qu’elles disposent d’un approvisionnement inépuisable en eau douce, d’une terre arable plus que disponible, de magnifiques paysages au bord du fleuve, d’une chute à la rivière Maï Ndombé à faire frémir n’importe quel touriste de la planète.

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commentaires

Cannaerts Florent 15/03/2011 11:46



Salut Alain, Pas toujour besoin de machines de tout genre. La patience est une chose importante pour que la nature puisse donner fruit. Mais cela ne s'achète pas. (dés)avantage?


voici un autre beau projet au Congo:


http://www.tiberiade.be/nl/tiberiade-au-congo.html


Je n'arrive pas à voir si c'est loin de là, mais je suppose que c'est interessant de savoir que cela existe


Florent



Rev. Moba Mwanzele Bonaventure 26/02/2011 11:45



Merci Alain pour votre travail de sensibilisation, je suis originaire de ces lieux... J'ai faillu me fondre en larmes lorsque j'ai visite ces villages:Ingana, Nkana, Mai mpili jusqu'a Kwamouth.
Avant de quitter le pays, les forets etaient derriere des maisons mais maintenant les hommes partent en campement pour defricher... Ils se convertissent tous en fabricants des charbons. Ils
abattent des centaines d'arbre journalierement.... Ces personnes les plus affectees, loin de Copennhagen connaissent tres peu au sujet de changement climatique. Il est aussi difficile de
convaincre quelqu'un qui n'a pas assez pour se nourrir aujourd'hui a penser a la la generation future sans lui proposer un alternative.



alain Bomboko 08/03/2011 06:20



Merci pour vos encouragements.



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