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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 12:22

Comme une star

Je devine ce que vous pensez de moi. Je me moque de votre opinion car vous ignorez tout de mon passé. Savez-vous que ma vie n’a pas toujours été facile ? Comme j’ai dû me battre pour réussir. Mettre toute mon énergie pour échapper à ma condition prédestinée de subalterne à vie. Cette spirale qui pousse les filles de mon milieu à reproduire la vie ingrate de leur mère. A présent, plus rien ne pourrait m’arrêter dans mon ascension sociale. Les épreuves m’ont endurcie. Je suis une survivante. Vos déboires m’indiffèrent. Vos états d’âmes aussi.

Je suis une star, du moins j’en ai la beauté et l’aura. J’aurais tellement voulu être portée aux nues par la critique. Adulée par la foule de mes admirateurs. Au lieu de ça, je subis votre mépris. Vous, un homme aux goûts douteux. Votre attitude m’agace. Désolée de vous décevoir, mais vous n’avez pas le pouvoir de me blesser.

Intellectuellement douée, j’ai obtenu de bons résultats académiques tout en étudiant modérément. Mes aptitudes intellectuelles m’ont beaucoup aidée dans l’élaboration -à froid- de mes stratégies à long terme.

Juste après l’université, il me fallait un mariage bien raisonné. Ce fut fait. Pour que mon futur mari me résiste, il aurait dû être un caillou en granite. En plus de mes atouts naturels, je suis pugnace et opiniâtre. Pour vous donner une idée de ma personnalité, pensez à Salomé qui envoûta Hérode Antipas par une simple danse au point de lui faire promettre n’importe quoi. Avec moi, il aurait perdu toute sa petite Galilée.

Le mariage fut rapidement consommé et j’ai vite compris que mon riche mari était un piètre étalon, bien en deçà de mes appétits. Ce triste constat n’était pas prévu dans mon plan. Peu importe. Pour ne pas me « disperser » je me suis fixé une règle : ne tromper que par amour. Promesse généralement tenue.

Jeune et belle, je marchais droite comme un « i », la poitrine haut perchée, avec la mine orgueilleuse des nantis. Les gens huppés comme seule compagnie : les ambitieux qui ont vengé leurs parents et, aussi, les bien-nés qui ont réussi sans effort. A présent, je fréquente toutes les classes sociales sans complexe. Avec le temps mes manières se sont affinées, on dit que je suis une femme qui a de la classe. Je pense que c’est vrai puisque je manie avec finesse les ambiguïtés. Tantôt j’aguiche. Quelques instants plus tard je m’offusque pour sauver la face et couvre d’un voile pudique mon décolleté plongeant. Tantôt je flatte sans vergogne pour obtenir un avantage. Quelques instants plus tard je suis indifférente. Souvent je m’embarque dans des conservations futiles par complaisance ou pour attirer l’attention. Attirer l’attention : n’est-ce pas le propre des stars ?

J’ai tout d’une star : l’infidélité et les caprices. D’une humeur changeante, je confonds le oui et le non. En vérité, je joue. Ma vie est une grande comédie. Sobre je suis têtue comme une mule et fais semblant de tout refuser. Dans mes délires alcoolisés c’est l’inverse, je distribue les oui sans discernement mais avec des nuances adaptées à mes interlocuteurs : des oui discrets, soumis, chastes, ombrageux, honteux, arrogants, méprisants, impatients, lancinants, hystériques. En boucle comme une ritournelle. En rafale, quand ils sont jouissifs. Criards avec à mon amant secret. Souvent insipides avec mes autres amants, y compris mon mari. Les initiés connaissent les expressions de mon visage et savent quand je leur dis oui d’un simple regard. Les autres me croient inaccessible et s’imaginent que ce sera toujours non.

Bref ! Mes sentiments tourmentés avaient trouvé leur place dans ma vie bien réglée. Je contrôlais mon destin. Mon destin de star : avec tous les hommes à mes pieds, les femmes qui me déshabillent du regard, le champagne, les paillettes, les phares des Mercédès, le cuir des fauteuils, le velours des divans, l’odeur du cigare. Tout fonctionnait à merveille jusqu’à ce fameux jour J. Le jour où je n’aurais jamais dû dire non. Un oui libératoire m’aurait affranchie de cette histoire d’amour que je refoulais. Le non que j’ai trop longtemps répété m’a maintenue attachée. Je vais vous raconter cette histoire où je me suis perdue quelque part entre le refus et l’acceptation. Tout a commencé dans ma petite entreprise.

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