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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 19:16

Kinshasa le 20 octobre 2015

Aujourd’hui, Jean n’est pas venu travailler. Et comme par hasard un CD manque dans mon coffret. Il s’agit bien sûr d’une coïncidence. Personne ne pourrait croire que Jean ait pu voler le vingt-sixième CD de Vivaldi pour ensuite s’enfuir en brousse loin de la capitale. Un suspect doit correspondre à un certain profil. Je n’ai pas de photo de Jean. De toute façon aucun portrait-robot n’est dessiné pour un simple vol de CD. La police scientifique kinoise a autre chose à faire.

Mon livre de géométrie a également disparu. Je n’oserais même pas demandé à Jean - quand il sera de retour - s’il a vu ce livre. Qu’est qu’il s’en fiche des espaces vectoriels et des produits scalaires ! Calculer la distance entre un point et une droite, c’est le cadet de ses soucis. Dessiner une ellipse, c’est facile. Jean devrait pouvoir le faire. C’est comme dessiner un avion, cela ne demande aucune capacité particulière.

Comme tous les mardis, mon coiffeur a réussi son travail hebdomadaire, bien que je n’aime pas trop la forme hyperbolique de ma coupe. Il n’a aucun mérite à me coiffer car ma tête est ronde. Une tête conique d’extraterrestre aurait été plus difficile à raser avec une tondeuse.

J’ai une parabole à vous raconter. Nous étions assis côté-à-côté, elle et moi. Nous regardions dans la même direction, admiratifs d’un ciel azuré qui s’étend à horizon, parallèles comme deux droites qui se touchent à l’infinie. Au moment de nous quitter, j’espérais un signe léger, très chaste, en géométrie on appellerait cela « un baiser asymptotique». A la place elle me tendit la joue. J’ai pris la tangente et suis rentré tranquillement chez moi. J’ai dormi avec un terriblement mal de tête. Mon sinus me fait souvent souffrir.

Les échecs c’est de la trigonométrie, la musique de Vivaldi : de l’harmonie, les forces telluriques : des vecteurs qui s’additionnent. Tout ce qui nous entoure et tout ce qui nous gouverne sont régis par les mathématiques sauf l’amour. Qui connaît l’équation cartésienne de l’amour ? Pourquoi les personnes qui s’aiment sont éloignées et ceux qui n’ont rien à voir avec l’autre se marient ? La réponse est pourtant simple : une inconnue s’est introduite dans l’équation de nos vies, tel un grain de poussière d’étoile qui viendrait modifier la trajectoire de l’univers. Comment rattraper cette erreur ? Et combien de temps, cela nous prendra ?

Je finirai par trouver mon CD de Vivaldi quelque part dans ma chambre à côté de mon ordinateur, c’est justement celui qui contient les « quatre saisons ». A Kinshasa, nous n’avons que deux saisons : la saison sèche et la saison des pluies. Justement ce matin il pleut sur la ville comme il pleut dans mon cœur.

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 14:43

Kinshasa, le 13 octobre 2015

Plus rien ne m’inspire. C’est ce qui explique mon long silence. Chers lecteurs et lectrices pardonnez votre humble serviteur. Je viens de passer quatre mois en Belgique. Un séjour agréable qui m’a permis de visiter une dizaine de villes flamandes avec leur béguinage, leur beffroi et leur superbe Grand Place. J’ai des images de musée plein la tête. Le plus impressionnant fut sans doute la visite de la maison de Rubens à Anvers. Mais loin du fleuve Congo -ma muse- je ne parviens pas à écrire. Kinshasa, non plus ne m’inspire pas. Cette ville est trop bruyante. Les taxis -sans enseigne- klaxonnent pour attirer l’attention d’éventuels clients qui très souvent préfèrent se déplacer à pieds sur des km. A sept heures, je suis réveillé par le cliquetis des cireurs de chaussures qui frappent leur brosse sur un morceau de bois qui sert de pose-pieds. Heureusement, j’ai un coffret de 28 CD de Vivaldi pour essayer de camoufler cette cacophonie. J’écoute du Vivaldi comme certains écoutent du hard-rock, le volume à fond.

Mon manque d’inspiration ne m’empêche pas de donner de mes nouvelles. Qu’ai-je fait de bon depuis mon retour à Kinshasa ? D’abord visiter la famille. Tout le monde se porte bien. Mon père me manque. Son mausolée est presque fini. Ma mère est restée à Bruxelles. Elle aussi me manque. Je suppose que je lui manque aussi surtout pour faire ses courses au supermarché. Avoir fait Solvay (Ecole de Commerce) et ensuite passer des journées entières à faire des courses au Carrefour, tel était mon triste sort à Bruxelles. Mais comment lui dire sans manquer de respect que j'avais des livres à terminer et des projets à rédiger ? Depuis mon retour au pays, je peux reprendre mon travail d’homme d’affaire indépendant avec la certitude de ne pas être interrompu pour aller acheter une botte de persil, de l’ail ou des échalotes.

Ce matin j’écoute le vingt-deuxième CD qui vient d’ailleurs de se terminer. Je vais me lever prendre la télécommande pour le refaire jouer et avant cela j’aurai pris soin de sauvegarder mes écrits car les coupures d’électricité sont fréquentes, choses auxquelles je n’étais plus habitué. Triste réalité d’un pays en développement. L’eau est plus régulière, bien que non potable pour un ventre fraîchement débarqué d’Europe. Il est neuf heures. Mon domestique est en retard. Sacré Jean ! Un gentil garçon. Poli et serviable, mais certainement pas corvéable car il lui arrive souvent de dormir alors qu’une pile de linge attend d’être repassé. Ma nouvelle machine à laver Samsung fait des merveilles et Jean est pris de vitesse. Parfois il fredonne des airs de Vivaldi. Je me demande s’il apprécie vraiment ce genre de musique. Un jour j’installerai des caméras de surveillance dans la cuisine juste pour voir les expressions de son visage quand j’ai le dos tourné.

Cette musique m’apaise et m’accompagne dans mes réflexions. Mon rituel matinal est immuable, je commence la journée en essayant de résoudre un problème tiré de mon livre sur les échecs. La solution du jour fut facile à trouver : il s’agissait d’une rupture de ligne qui se termine par un mat avec deux fous. On sonne, c’est Jean. Alors que les violons de Vivaldi se déchaînent dans un rythme endiablé, je le fixe. S’il ose fredonner un quelconque son, je le vire sur-le-champ. Je serai intransigeant. Dans le droit du travail, on appelle cela «licenciement pour faute grave ». Narguer son patron, c’est totalement inadmissible. En attendant je n’ai rien à manger pour mon petit déjeuner. Il faut qu’il aille m’acheter un ananas et des avocats au marché. Pas de charcuterie, j’ai une taille à récupérer.

Mes infusions bio de fenouil me font le plus grand bien pour la digestion. Bientôt un ventre plat, si je continue sur cette lancée. Les dimanches matins je cours au bord du fleuve et les mercredis je participe au cours d’aérobic. Je précise : un mercredi sur deux. Il me faut un certain temps de récupération, je n’ai plus vingt ans. Et pourtant, je porte bien mon âge. Je suis un jeune cinquantenaire relativement bien entretenu.

Mes prières n’ont pas été entendues. Apparemment Dieu ne peut rien faire contre cela. Evidemment le diable se délecte de la situation. Je crois que je l’aime toujours – ma chère Dulcinée -, mais je parviens quand même à moins penser à elle. Aimer sans penser, c’était peut-être cela la combinaison gagnante dans cette partie. Car les femmes savent quand on les aime et sentent quand on pense moins à elle. Comme elles n’aiment pas perdre, elles se manifestent à ce moment-là. Bientôt nous nous verrons. Rien que nous deux quelque part pour un tête-à-tête. Les retravailles et les départs sont toujours des moments émouvants, il suffit de voir ce qui se passe dans les gares et les aéroports. Je suis fatigué des aéroports. A peine arrivé à Kinshasa, j’ai dû passer quelques jours à Mbandaka pour préparer mon projet de pêche.

On sonne de nouveau. Ce n’est pas Jean comme je le pensais, mais mon coiffeur. C’est vrai j’avais oublié : aujourd’hui on est mardi. Par inadvertance il m’a rasé les sourcils. Pour corriger sa faute, il me prose de mettre du crayon noir. Je refuse car avec mon jean’s moulant et mes baskets orange achetés à Anvers je perdrais toute ma virilité chèrement retrouvée grâce à ma salle de gym.

Enfin Jean est de retour.Il faut que j’aille découper moi-même mon ananas pour d’évidentes raisons d’hygiène. Au passage, je remets une fois de plus le vingt-deuxième CD de Vivaldi qui m’accompagnera toute cette matinée.

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 19:01

Une fourmi à Bruxelles

 

fourmi-2.jpg

 

Ce matin, j’ai vu une fourmi. C’est rare de voir une fourmi à Bruxelles. A Kinshasa aussi, c’est rare d’en voir une, car elles se déplacent toujours en formant d’immenses colonnes.

 

Je suis dans ma salle de bain, étonné et distrait par cette fourmi solitaire qui grimpe le mur en zigzagant. Elle semble perdue, ne sachant pas où se diriger entre le chlore du WC et l’ammoniac de la baignoire. Avec tous ses désodorisants, ma salle de bain  a des allures d’une vraie chambre à gaz. J’ai de la compassion pour cette survivante qui a perdu toute sa tribu.

 

Une idée étrange me traverse l’esprit : Et si je l’emmenais à Kinshasa ? Le paradis des déchets.  L’empire des odeurs. Je pourrais ainsi l’introduire parmi ses congénères africains. Aucun risque de racisme, elles sont toutes noires comme elle. Elle pourrait même assouvir quelques fantasmes liés à l’Afrique, qui sait ? Je l’imagine ivre de phéromones épicées, blottie dans des tentacules musclés, son corps enduit d’huile de palme. Le problème, c’est que je rentre à Kinshasa dans trois mois. Or les fourmis ne vivent que quelques semaines. Je ne peux hélas rien faire pour elle.

 

J’ai fini de me laver les mains, il faut que je m’en aille. Avant de refermer la porte de la salle de bain, une question terrible se pose à moi : est-ce que le suivant comprendra que si je n’ai pas désodorisé, c’était pour sauver la vie d’une fourmi ?

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 15:22

Au secours !!!

 

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Prendre l’ascenseur de mon immeuble, c’est le moment de la journée que je redoute le plus. Rien qu’à y penser, j’en tremble. En appuyant sur le bonton, le suspens est total : Vais-je arrivé à destination sain et sauf ? 

 

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Comme dans un « thriller » d’Hitchcock, il y a des odeurs d’outre-tombe, des grincements de câbles, des gouttelettes rouges sur le plancher, un trou dans le plafond où on peut voir des chauves-souris déployer leurs ailes les jours de pleine lune, le papier-peint défraichi a été griffé à plusieurs endroits. Un chat noir miaule au sixième étage, justement au terminus où je dois obligatoirement descendre car mon ascenseur n’a plus qu’un seul bouton qui fonctionne : le sixième.

 

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Aujourd’hui nous avons franchi un nouveau cap dans l’horreur avec ce communiqué nécrologique clairement affiché.  

 

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 14:28

Convoler en justes noces

 

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Mes doigts frétillent. L’annulaire de ma main gauche est étrangement fébrile. Serait-ce le signe d’un prochain mariage ? En tout cas tous les vieux célibataires qui ont connu cela se sont mariés. Pourquoi ne pas se marier ?  Et former un couple mythique comme Antoine et Cléopâtre. Dans l’Iliade, Andromaque et Hector. Dans l’odyssée, Ulysse et Pénélope. Qui a oublié le charme de Titi et  de Sylvestre le chat dit Grominet ? Les classiques Romeo et Juliette,  Tristan et Yseult. Les souffrances du jeune Walter de Goethe. La princesse de Clèves…

 

Depuis que j’ai appliqué une nouvelle crème à mon annulaire gauche, il ne me démange plus. En fait, il  ne s’agissait pas de signes avant-coureurs de mariage, mais d’une simple mycose. On verra l’année prochaine… si ça me gratte encore.

 

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 16:38

Trahi par une orange verte


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Je suis un sportif du dimanche  ...Pantouflard la semaine. Je cours le long du fleuve Congo dans le plus beau quartier de la capitale. Tellement beau que les ambassadeurs et les plus hautes autorités de l’Etat y résident. Avant d’accéder au fleuve, il y a un poste de garde à franchir.


C’était un dimanche, comme d’habitude je suis parti courir. Je suis descendu de ma voiture bien stationnée en observant deux sportifs en maillot fluo qui trottinaient sans effort suivis d’une demoiselle cheveux au vent, écouteurs aux oreilles, la poitrine ballotée. Je préfère marcher un peu avant mon « marathon ». Je m’approchais des militaires qui m’observaient, alors que je feignais de les ignorer et m’aperçus que je tenais une orange dans la main droit.

 

Mon instinct de survie m’informa que mon orange avait des allures de grenade. Au Congo les oranges sont orange à l’intérieur, mais vertes à l’extérieur. Je devais la tenir convenablement et surtout n’éveiller aucun soupçon. Ils ont la gâchette facile. Evidemment  cette pensée m’a distrait et l’orange m’échappa des mains. Avec sa couleur kaki menaçante, elle rebondit et roula vers les militaires surarmés. J’ai commencé à lever les mains pour les rassurer, puis me suis vite ravisé comprenant que c’était une très mauvaise idée. Hésitation : Soit courir pour leur échapper (j’étais en basket) soit tenter de récupérer cette orange fugace, complément indispensable de mon petit déjeuner.

 

Subitement, mon orange arrêta sa course folle devant le poste de garde. Je l’ai ramassée et l’ai rapidement épluchée afin de bien montrer qu’il ne s’agissait pas d’une grenade. Je suis passé devant les militaires sans les regarder. Après avoir avalé l’orange, j’ai couru avec une énergie incroyable. Dopé par la frayeur et une surdose de vitamine C. Rapidement les deux hommes en fluo ont été rattrapés. Je n’ai jamais revu la demoiselle aux écouteurs.

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 14:57

Demain, je le vire !


Dans la tradition africaine, la poussière, les détritus, les cancrelats et autres toiles d’araignées portent la poisse dans une maison. Et mon domestique refuse de tout bien nettoyer. Pour des raisons obscures, il  se réserve dans mon appartement des  îlots d’insalubrité que j’ai du mal à repérer.

 

Il va même plus loin en oubliant – volontairement – de se laver. Hier,  je l’ai renvoyé pour cause de mauvaises odeurs. « Dehors ! Tu chlingues ! ». C’est sûr, il cherche à  me porter la poisse. Il le fait exprès, j’en ai la preuve. Si la Coopération Technique Belge (CTB) tarde à financer mes projets agricoles, c’est sûrement à cause de lui. Je ne serais pas étonné d’apprendre que sa chambre à coucher est infesté de rats et qu’il élève en cachette des chats, des hiboux, un hérisson, une belette et un putois. Que des animaux qui portent malheur. De plus, je pense qu’il participe à un trafic dans l’immeuble. Un trafic à base de limonade. Deux fois par semaines, il se rend au Grand marché pour acheter de grandes bouteilles de deux litres d’une boisson gazeuse qu’il ne boit jamais. Bref, il traficote, complote et porte la poisse. Demain, il est viré.

 

Bon… Je le pardonne. Il faut avouer qu’il a fait un effort. Il s’est lavé ce matin avec un savon local à base d’huile de palm et s’est abondamment aspergé une eau de Cologne  bon marché en provenance de Chine qu’on vend 1 $ pour cinq litres. Je dois dire qu’il sent relativement bon. Mais n’imaginez pas que c’est de la lavande. N’exagérons rien !

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 18:35

Un pygmée innocent

 

pygmée

 

Je suis un pygmée. Une femme bantoue a porté plainte contre moi pour viol. J’admets n’avoir pas toujours été irréprochable quant au respect des biens d’autrui. J’ai des fins de mois difficiles que je suis bien obligé d’arrondir d’une manière ou d’une autre. Alors pourquoi pas quelques petits larcins ? J’ai dit que j’étais un pygmée, pas un saint.

 

Ce pourquoi je m’insurge : c’est contre l’accusation de viol que cette femme a osé porter contre moi. C’est totalement faux. Avez-vous déjà entendu pareille accusation : une femme violée par un pygmée ? Cet acte est absolument contraire à nos mœurs pacifiques. Nous qui vivons en parfaite harmonie avec la nature. Des êtres paisibles, passant leur journée à chanter en polyphonie, à récupérer du miel au péril de leur vie, à se balancer allègrement d’un arbre à un autre suspendus à une liane.

 

Lors de la confrontation au commissariat, mon accusatrice était accompagnée de sa fille de 16 ans. Après d’interminables débats, j’ai finalement décidé de baisser mon froc. Et là, la fille de mon accusatrice a eu une phrase qui m’a définitivement innocenté : « Maman, tu n’as quand même pas été violée par ça ! ».

 

 

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 16:37

DSK

Moi, Dieudonné Sylvain Kabongo. DSK pour les intimes. Le mari d’Anne Songololo. Un citoyen Congolais ordinaire en vacance à Paris.

 

Au moment où vous lisez ce message, je suis peut-être sous contrôle judiciaire ou déjà en prison. Que s’est-il passé ? Voici mon histoire.

 

En provenance de Kinshasa, je suis descendu hier soir au Novotel de Paris Bercy. Ce matin alors que j’attendais tranquillement l’ascenseur pour aller déjeuner, j’aperçus au bout du couloir une grosse femme de chambre Malienne s’approcher avec son chariot. Mon sang n’a fait qu’un tour. Sans tarder, j’ai couru dans la direction opposée pour me réfugier dans ma chambre.

 

J’ai toujours eu peur de croiser ce genre de femmes. Vu sa corpulence, je suis traumatisé à l’idée de savoir qu’elle serait capable de me saisir, me ceinturer pour me projeter au sol. Ensuite, elle pourrait m’administrer de force une fellation dont elle a le secret. Résigné, tel un gladiateur vaincu dans un corps à corps, elle me maintiendrait immobile le temps d’accomplir son forfait jusqu’au bout. Des filets d’un mélange de crachats répandus sur la moquette permettraient à la police scientifique d’identifier sans aucune difficulté mon ADN.

 

Qui croira à mon innocence ? Comment prouver que j’ai eu la nuque entravée par une prise de catch ? Mon torse griffé prouvera qu’elle s’est débattue.

 

Merde !!! On frappe à la porte. C’est sûrement elle : la Malienne avec son chariot. Je dois me cacher. M’enfermer dans la salle de bain. Dans ma précipitation, je perds l’équilibre à cause d’une flaque d’eau savonneuse et perds connaissance en tombant.

 

Est-ce  un rêve ou le son de la télé ? Une voix répète en boucle : « DSK a violé une femme de ménage ».

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 16:20

Mon séjour à Bruxelles

 

 

neige


Kinshasa me manque. En principe, à cette heure-ci je navigue sur un de mes bateaux remontant le fleuve Congo jusqu’à un banc de sable. J’y installe ma tente et allume le barbecue. Je passe ainsi mes après-midis dominicaux en nageant dans une eau à 27°.

 

Ici, à Bruxelles, c’est l’hiver avec un record d’enneigement. Pas de filles en maillot qui courent sur le sable fin, la poitrine ballottée. A la place, s’offre à moi le spectacle affligeant de visages sévères et de corps emmitouflés. Hier dans le métro, c’était insupportable. Tout le monde se toisait  dans un silence sépulcral, accablé par une odeur d’ail.

 

Et si je me faisais quelque chose à manger ? Pourquoi pas un plat surgelé ? Non, finalement je renonce à cette nourriture. Le bruit de réacteurs nucléaires qui émane de mon four à micro-ondes m’a coupé l’appétit. Ce poulet durci par les ondes et autres radiations a une couleur bizarre, presque fluorescente. Je regrette les poulets que je préparais sur la braise au bord du fleuve. Et ma bonne bière de Primus, bien fraîche.

 

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Encore trois semaines à tenir. Et dès que je suis à Kin –ce sera un samedi soir-, je saute sur la première… La première cuisse de poulet, bien sûr !

 

 


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