Aide alimentaire de l’Union européenne à Kinshasa
Je vais vous montrer un cas typique où des fonds destinés à la R D Congo sont en réalité « captés » par des ONG européennes, qui sciemment vont détourner ces moyens financiers de
leur destination initiale.
Dans le cas que je vous propose d’examiner l’objectif initial est noble, il s’agit d’un programme européen dont le but est de nourrir des grandes villes congolaises en difficulté :
Kinshasa, Kananga, et Mbuji Mayi. Au final, vous verrez que cet argent va se perdre dans de la formation en « développement durable » et rien ne sera accordé pour l'amélioration
de l'approvisionnement des populations urbaines.
Le mécanisme est le suivant : les fonds européens vont à des ONG européennes, via un jury au Congo qui n’est composé uniquement que de fonctionnaires européens. Les Congolais sont réduits
à un rôle passif, ils voient des financements, qui leur sont destinés, arriver dans leur pays. Ensuite ils observent en tant que spectateurs comment ces sommes vont repartir en Europe gonfler
les poches de certains privés ou dans des frais de fonctionnement, sous prétexte que le déveleppement durable a été appliqué dans telle région : chose impossible à vérifier. Comment
mesure-t-on l'efficacité d'une formation en "développement durable" au sein d'une population non instruite en Afrique ?
Il faudrait « chasser » ces ONG du Congo. Elles n’ont qu’à renter en Europe, c’est là que le développement durable a tout son sens. Pourquoi ne pas rétablir la faune aquatique de la
Meuse ou réintroduire l’esturgeon en Aquitaine ?
Confusion entre sécurité alimentaire et gestion durable des ressources
Le programme de la Commission européenne de 2006 destiné à la sécurité alimentaire –voir ci-dessous - visait à augmenter la production et à améliorer les filières de commercialisation en vue
d’alimenter les grands centres urbains : Kinshasa, Mbuji Mai et Kananga. C’était un programme de 5 millions d’Euro.
L’objectif principal du programme ne consistait pas à appuyer des activités agricoles pour assurer une quelconque durabilité –la conservation-,
mais bien de relancer une production agricole clairement identifiée.
Le jury qui attribue ces fonds européens au Congo semble ne pas respecter son propre règlement et confond sécurité alimentaire et développement durable.
L’appui au développement et à la production durable met l’accent sur le renforcement des capacités par la formation de techniciens, cadres et
chercheurs, ainsi que le soutien de la recherche. Ces mesures concernent l’aménagement du territoire, le contrôle, ainsi que la conservation des écosystèmes.
Ceci est très différent
de la sécurité alimentaire qui favorisent un meilleur accès –physique et économique - à la nourriture : production, conservation, et transport de denrée
alimentaires.
Voici les titres des trois meilleures propositions retenues par le jury de l’EU en R D Congo
- Relance économique et organisationnelle paysanne dans le bassin de la rivière Kwango
ONG : ISCO
- Programme d'appui à la production durable en périphérie de la réserve de Luki et à la sécurisation alimentaire dans les districts de Boma et du bas Fleuve
ONG : WWF Carpo
- Appui au développement durable des activités et des filières agricoles dans le district des cataractes
ONG : AGRISUD
Les trois titres des meilleures propositions retenues ne parlent ni de Kinshasa, ni de Mbuji Mayi, ni de Kananga, les seules villes citées dans les Lignes Directrice du programme. Il faudrait
voir le contenu, peut-être que...
Je m’interroge : est-ce qu’il y a des grands centres urbains à approvisionner dans le bassin du Kwango, dans les districts de Boma et du bas Fleuve ou
dans le district des cataractes ? NON, ce sont des régions sous peuplées.
Il n’y a pas un chat là-bas.
Une proposition non pertinente doit faire l’objet d’une élimination directe comme le stipule le règlement.
Même WWF, le champion de la conservation de la nature est qualifié au Congo pour organiser la production agricole, donc prélever sur la nature. C’est
scandaleux.
Dans ces conditions la RD Congo doit refuser l’aide alimentaire de l’Union européenne. Il faut être clair ou bien vous aidez le peuple congolais qui meurt de
faim (objectif noble) ou bien vous aidez des ONG –ces multinationales de l’aide.
Une ONG peut être très utile dans des situations d’urgence, en cas de catastrophe naturelle ou de conflit armé, JAMAIS en situation de paix ou dans une phase
de reconstruction. Quel est le pays du monde qui a été construit grâce à des ONG ?
On se moque des Congolais.
Et pourtant les Accords de Cotonou autorisent les aides au secteur privé. Au Congo, l’Union européenne n’aide jamais le secteur privé. Pour quelles raisons ?
Et ces fameux jurys de fonctionnaires, qui nous garantit leur impartialité ? Où sont les garde-fous qui empêcheraient des cas de copinage ? Sont-ils des surhommes au-dessus de tout
soupçon ?
Annexe
Voir le site web d’EuropeAid
Rappel des Lignes Directrices 1.2 et 1.3 (où on ne parle pas d’appui à la production durable) :
1.2 OBJECTIFS DU PROGRAMME ET PRIORITES POUR 2006
L’objectif global de ce programme est de contribuer à la lutte contre la pauvreté par la relance
économique et agricole dans l’Ouest de la RDC.
L’objectif spécifique vise une augmentation des productions agricoles (y compris élevage et pêche) et une amélioration des filières de commercialisation (y
compris transformation) à destination des
grands centres urbains.
Les actions seront dirigées prioritairement vers les provinces actuelles du Kasaï occidental (particulièrement future province de Lulua), Kasaï Oriental
(particulièrement future province de Kasaï oriental), Kinshasa, Bandundu et Bas Congo
permettant un acheminement des productions vers Kinshasa, Mbuji
Mayi et Kananga où les besoins alimentaires restent bien supérieurs aux moyens disponibles.
1.3 MONTANT DE L’ENVELOPPE FINANCIERE MISE A DISPOSITION PAR LA COMMISSION EUROPEENNE
Le montant indicatif global mis à disposition au titre du présent appel à propositions se monte à 5 millions d’EUR. Ce montant pourra être
augmenté en cas de mise à disposition de fonds additionnels.
A titre indicatif, il est prévu d’affecter près de 20% de l’enveloppe globale (soit 1,1 millions d’euros) à des achats d’aide alimentaire et près de 80 % de l’enveloppe globale (soit 3,9 millions
d’euros) à des activités liées au transport et à la distribution de cette aide alimentaire ou à d’autres activités de relance agricole.