L’agriculture : source de développement
Selon le rapport de la FAO-UNFPA-IIASA (1984) sur les potentialités de production agricole au monde, la R.D.C., sous l'hypothèse d'un haut niveau d'intrants, peut produire suffisamment pour
alimenter 2,9 milliards de personnes, soit presque la moitié du monde.
Pour son bien-être et dans l’intérêt de l’humanité la R D Congo devrait massivement investir dans l’agriculture et le tourisme. Et pourtant ces secteurs ne suscitent que peu d’intérêt.
Le poids de l’agriculture est énorme dans l’économie des pays en voie de développement. En Afrique, 64 % de la population active travaille dans l’agriculture (4 % en France). Seulement 2 à 4 %
des budgets des pays africains sont consacrés à l’agriculture, alors que 10 à 20 % des PIB en dépendent.
Le problème de la pauvreté est intimement lié à celui du développement agricole. Il faut augmenter la productivité agricole de l’Afrique qui est mille fois inférieure à celui de la France et des
Etats-Unis. L’agriculture devrait dégager un surplus financier de manière à permettre à d’autres activités de se financer et de baisser le nombre de ses travailleurs. Sans autosuffisance
alimentaire l’Afrique n’a aucune chance de se développer.
Les emplois libérés par l’agriculture devraient être utilisés dans le tourisme, et de manière limitée dans l’industrie.
La seule véritable industrie au Congo consiste à exploiter des ressources naturelles : forestières, énergétiques, et minières.
Or cette industrie est la source de tous les dangers. Posséder des ressources naturelles est comme un cadeau empoisonné. Plus un pays est doté de ressources naturelles plus il est exposé à subir
une guerre civile. Il suffit de regarder l’actualité récente.
La guerre civile est alimentée par les tensions sociales. En effet la volatilité des prix des ressources naturelles entrave le bon fonctionnement des économies qui en dépendent. Une baisse
prolongée des prix freine la croissance et génère une grande pauvreté, que la population va attribuer à ses dirigeants. Des groupes rebelles peuvent aisément exploiter ce mécontentement.
Les dirigeants de pays riches en ressources naturelles sont dans une situation psychologique presque intenable. Ils sont sensés organiser la levée des impôts et instaurer la bonne gouvernance.
Mais une hausse brutale du prix des ressources naturelles met à leur disposition des sommes considérables qui parfois dépasse la capacité d’absorption à court terme du pays. Les comptes
gouvernementaux n’étant pas rigoureusement tenus, une partie de ces moyens financiers est détourné pour finalement atterrir dans des comptes privés. Toutes les énergies sont alors consacrées à
gérer cette manne financière, les rentrées fiscales sont négligées. Et pour être sûr de pouvoir contrôler seuls toute cette fortune, les gouvernements de ces pays-là ont tendance à être de
moins en moins démocratiques et de plus en plus autoritaires.
D’aucuns pensent mettre certains pays africains sous tutelle internationale afin d’instaurer la bonne gouvernance. Je pense que ce n’est pas une bonne idée. Les pays en développement possèdent
actuellement suffisamment de personnes bien formées pour se pendre en charge eux-mêmes. Ce que je propose c’est de mettre sous tutelle internationale les revenus des ressources naturelles pour
que ces sommes considérables échappent aux dirigeants des pays pauvres. Je souhaite que l’argent des ressources naturelles soient intégralement consacrées à améliorer la productivité du secteur
agricole et à promouvoir le tourisme. L’Etat devra vivre de ses rentrées fiscales stables issues d’activités non-sujettes à des fluctuations permanentes.
Celui qui commet un coup d’Etat doit savoir qu’il n’aura pas accès à une quelconque manne financière issue de matière précieuse. Et rien ne doit entraver le développement économique, l’argent des
ressources naturelles sera investi coûte que coût. Pas question d’appliquer des sanctions économiques même si c’est un rat qui accède au pouvoir. Les populations africaines n’ont que trop
souffert. Pensons à tous ceux qui risquent leur vie dans des embarcations de fortune pour quitter l’Afrique et sa grande misère.