Mon domestique a tout perdu dans un crash
Alors que mon domestique était très occupé dans la cuisine, il s’acharnait sur un poulet qu’il essayait de désosser, une nouvelle terrible est tombé : un avion venait de tombé à Kingasani Ya
Suka. Or il se fait qu’il habite effectivement dans ce quartier populaire de Kinshasa. Sa maison se trouve sur la trajectoire des avions qui décollent de l’aéroport internationale de N’Djili. Il
m’a demandé la permission de rentrer immédiatement chez lui. Il craignait le pire. Je lui ai dit qu’il n’y avait pas de problème. Il était midi. La seule chose que je lui ai demandée c’était de
savoir où il en était avec le poulet. Qu’il me serve à manger, ensuite je lui accorde son après-midi. Il a trouvé que c’était un bon « deal ».
Moi également.
Il est revenu le lendemain matin pour m’expliquer que l’avion, un Antonov 28, s’est écrasé à 5 mètres de sa maison. Heureusement il ne déplore pas de victime dans sa famille. Néanmoins sa femme a
fait une grave erreur. Elle a sorti toutes les affaires de la maison pour s’enfuir. Ensuite prise de panique, elle est partie laissant tout à l’extérieure. En rentrant une demi heure plus tard,
elle a vu que les badauds avaient tout emporté. Résultat il n’a plus rien, selon ses propres dires, même plus une brosse à dents. Il doit recommencer sa vie à zéro. Je m’attends donc bientôt à
devoir mettre la main à la poche et lui racheter une nouvelle garde robe (avec son contenu bien sûr).
Le crash a fait plus de cinquante victimes, tous les passagers sauf un rescapé, et des victimes au sol. Ce vieil avion russe mal entretenu ne pouvait plus voler. Suite à la corruption des agents
de l’aéroport il a obtenu l’autorisation de décoller. Trois minutes après le décollage, cet avion techniquement en ordre pour les autorités de mon pays, a perdu un moteur. Les optimistes vous
diront que le moteur a quand même tenu trois minutes, plus 179 secondes.