La consommation d’énergie
Tout organisme est système ordonné, « un îlot d’ordre ». Les lois de thermodynamique stipulent que l’énergie se transforme toujours dans le sens d’une plus grande instabilité, d’une
plus grande dispersion, et d’un plus grand désordre. L’entropie est une notion de physique qui mesure le désordre.
Un organisme vivant est le siège de multiple réaction avec échange d’énergie. Selon les lois de thermodynamique, comme l’énergie se transforme vers le désordre, les êtres vivants devraient se
désintégrer. Or ce n’est évidemment pas le cas. Et pourtant les lois de thermodynamique ne sont pas contredites même dans le domaine de la biologie. En réalité que se passe-t-il ?
En fait l’organisme vivant est un système ordonné, qui parvient à préserver de l’ordre et de la stabilité qu’en se nourrissant de l’énergie disponible de son environnement. Le fait de puiser de
l’énergie dans la nature crée du désordre. En d’autres termes un organisme vivant maintient son ordre interne en créant dans son milieu du désordre ou de l’entropie, d’un point de vue
thermodynamique. Il s’agit un transfert de désordre.
Prenons l’exemple d’une chaîne alimentaire simple qui serait composée d’herbe, de sauterelles, de grenouilles, de truites et d’humains. Nous allons voir que la quantité d’énergie utile diminue et
par conséquent le désordre augmente de fait de la déperdition d’énergie.
G. T. Miller a calculé que 300 truites sont nécessaires pour maintenir un homme en vie pendant une année. Ces truites doivent consommer à leur tour 90 000 grenouilles, qui se sont nourries
de 27 millions de sauterelles, qui auront dévoré 1 000 tonnes d’herbes.
Les végétaux sont les centrales énergétiques les plus efficaces qui soient. Elle absorbe par photosynthèse l’énergie du Soleil. Plus on monte dans la chaîne alimentaire, plus la quantité
d’énergie nécessaire à la survie est important. Et pourtant la capacité d’absorption énergétique va en diminuant. Ainsi un prédateur n’absorbe que 10% à 20% de l’énergie que représente sa proie.
L’évolution va vers la construction de systèmes de plus en plus complexes qui requiert une utilisation d’énergie toujours plus grande, accompagné d’une dispersion d’énergie encore plus importante
dans l’environnement.
Rappelez-vous de deux définitions de la civilisation que j’avais reprises :
La civilisation se distingue des sociétés primitives par l’exploitation, le traitement et la consommation de vastes quantités d’énergies : alimentaires, bois, force musculaire, énergies
fossiles, etc.
Chaque civilisation s’est construite autour d’une idée, un concept, une mission, la conviction d’être conduite par un destin particulier. Le nombrilisme. Autour de cette idée centrale chaque
civilisation mobilise son énergie humaine afin de produire de l’ordre et de se défendre contre des « pouvoirs du chaos ».
Autre définition de la civilisation : un îlot d’ordre toujours plus grands aux prix d’un accroissement plus important encore du désordre environnant.