Les Etats-Unis et le pétrole
La première puissance économique du monde est un monstre en matière de consommation d’énergie. Bien que le pays compte à peine 5% de la population mondiale, ses habitants consomment environ 25%
de la production globale d’énergie (World Resources, Oxford University Press, New York, 1996). Les Américains sont responsables de 30% des émissions de CO2 dans le monde.
D’après le géologue Walter Youngquist la quantité d’énergie consommée par l’Américain moyen est équivalente au travail de 58 esclaves travaillant jour et nuit sans interruption, ou en d’autres
termes équivalente à trois fois la population mondiale actuelle réduite à l’esclavage.
Le pétrole
Si nous devions payer l’énergie que renferme un baril de pétrole au prix auquel nous rémunérons le travail humain -5 $ l’heure- ce baril coûterait 45 000 $, au lieu d’environ 70 $ que nous
déboursons actuellement.
L’agriculture et le pétrole
C’est de la production alimentaire moderne que dépend toutes les autres branches de l’économie. Les vastes surplus agricoles ont permis de libérer des forces de travail pour les autres secteurs,
particulièrement pour l’économie des services et de l’information. Aux Etats-Unis la part de la production alimentaire dans la consommation d’énergie est de 4%. A cela s’ajoute entre 10% à 13% de
consommation pour le transport, l’emballage, et la distribution de la production agricole (John Gever, 1991).
L’époque moderne se caractérise par l’augmentation spectaculaire de la productivité agricole. Deux éléments ont rendu cette transformation possible : le remplacement de la main-d’œuvre
humaine par la force mécanique –alimentée par le pétrole- et l’utilisation croissante d’engrais et de pesticides pétrochimiques visant à augmenter les rendements.
En 1980 aux USA, on comptait 3,6 millions de camions agricole, et plus 4,7 millions de tracteurs. En 1989, 143 millions de tonnes d’engrais furent utilisées. L’emploi de pesticide
était de 3,2 millions de tonnes en 1986 (Environmental Protection Agency, août 1987).
En 1850, 60% de la population active américaine était employée dans le secteur agricole ; aujourd’hui ce chiffre est inférieur à 2,7%. En 1850, un seul fermier produisait suffisamment pour
nourrir quatre personnes ; aujourd’hui un exploitant agricole parvient à lui seul à nourrir 78 personnes (Willard Cochrane, Development of American Agriculture).
Ces gains de productivité et l’augmentation de rendements n’ont cependant été réalisés qu’au prix d’une constante augmentation de la consommation de pétrole. Un gaspillage incroyable d’énergie.
Un record mondial toute époque confondue de dispersion d’énergie. Par exemple pour produire une boîte de conserve de maïs contenant 270 calories, cela a nécessité une consommation d’énergie
(machine, engrais, pesticide) allant jusqu’à 2 790 calories.