Le ministère du portefeuille doit disparaître
Le Congo doit adopter les méthodes modernes de gestion comme cela se fait partout dans le monde. Des grandes entreprises nationales ne doivent plus être gérées par des fonctionnaires.
Un fonctionnaire c’est avant tout une personne qui n’a pas le goût du risque, puisqu’il a choisi une carrière où tout est déjà bien tracé. C’est un emploi à vie. Il travaille pour une structure
qui ne lui appartient pas et qui ne peut pas tomber en faillite. Un homme d’affaire a une base socioculturelle différente. Il risque son argent ou sa réputation de gestionnaire et évolue dans un
contexte où rien n’est définitivement acquis : le succès est probable et un échec est toujours possible. Pourquoi dès lors confier la gestion d’une grande entreprise à des
fonctionnaires ? Pourquoi plonger des personnes qui ont une aversion au risque, par nature ou par habitude, dans un monde où rien n'est certain, où il faut se battre tous les jours, si on
veut réussir.
Les entreprises publiques au Congo ont une triple tutelle : les organes de gestion –qui changent sans arrêt-, la supervision technique du ministère de tutelle, et le contrôle financier du
ministère du portefeuille, le tout sous l’œil vigilent de la présidence. C’est pratiquement impossible de retenir une stratégie ou de se fixe un cap dans la gestion dans un contexte pareil, où il
y a trop d’intervenants externes à l’entreprise.
Ces sociétés étant mal gérées, le pays est par conséquent paralysé : pas d’eau potable, pas de courant, pas de train, pas d’avion, etc. Par exemple pour l’eau, je ne comprends pas qu’il n’y
ait pas d’eau potable à Kinshasa, alors que la ville est traversée par un fleuve –eau douce- dont le débit est de 35 000 m³/s -faites le calcul par heure et par mois.

Fleuve Congo
Comme ces sociétés publiques sont des monopoles d’Etat, ce n’est même pas possible de recourir au service d’une compagnie concurrente.
Je propose que l’Etat se désengage de toutes ces sociétés publiques, pour permettre à de véritables gestionnaires privés de les diriger dans l’intérêt de la communauté. C’est connu ces
entreprises publiques représentent une source de corruption. Pour arrêter la corruption, il faut s’attaquer à la source.
Je souhaite que le Congo soit connu dans le monde comme un pays agricole et une destination touristique. Que l’Etat concentre ses efforts sur ces deux secteurs-là. Le Congo devrait détourner son
attention sur des secteurs où la valeur ajoutée se réalise à l’étranger. Par exemple cela ne sert à rien de vivre du diamant puisqu'il ne vend que le produit brut, toute la valeur ajoutée
s’effectue ailleurs. Ce qui enrichie un pays, c’est la valeur ajoutée. Le véritable bénéfice se fait davantage à Anvers, à New York qu’à Buji-Mayi ou à Kananga.
Dessin d'un diamant coupé
Je répète le Congo ne doit pas compter sur des secteurs, où il sait très bien qu’il n’est pas capable de faire de la valeur ajoutée. C’est perdre son temps pour rien. Il faut tout vendre à des
sociétés côtées dans les grandes bourses internationales, New York, Paris Londres, Frankfort. Car ces sociétés ont une éthique à respecter.
Que les Congolais ne soient pas honteux d’avoir vendu. C’est parfois comme ça dans d’autres pays. Tout le secteur électrique belge est détenu par un groupe privé français Suez, le secteur du
chocolat en Belgique est dominé par des intérêts suisses, le déficit budgétaire des Etats-Unis est financé par les Chinois, la sidérurgie française est contrôlée par un Indien, etc.
KInshasa
Nous négligeons l’agriculture, alors que la moitié du budget de l’Union européenne est consacré à la politique agricole commune (PAC). Le tourisme est une richesse considérable qui ne
demande pas d’énormes investissements. Paris est la ville la plus visitée du monde, elle est fière de cela. Nous aussi un jour nous pourrions être fiers de faire visiter notre capital, hier
« Kin la belle », aujourd’hui « Kin la poubelle », et demain ce sera « Kin la merveille ».