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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 18:43

Derrière la porte en iroko

 

J’ouvre la porte en iroko lambrissé et entre en hésitant dans la chambrette. Elle est là. Je suis étonné de la voir. Qu’est-ce qu’on dit dans pareilles circonstances ? Un bonjour me paraît assez ridicule. Finalement, je ne dis rien et prends place à ses côtés, sur un divan en velours noir.

 

Sans prononcer un mot, elle se lève et retire son body échancré, dévoilant ainsi ses courbes généreuses. Son corps couleur cannelle est  moucheté de tâches de rousseur, et de trois grains de beauté qui entourent son nombril. Elle improvise une courte parade nuptiale en déambulant aux quatre coins de la chambre, pas du tout gênée, sûre de son incroyable beauté, et ensuite avec la grâce d’une féline elle vient délicatement s’asseoir sur mes genoux. « Surtout, il faut me laisser faire » me dit-elle. "Imaginez que vous soyez Hector dans l’épopée d’Homère, et bien sachez que c’est ainsi qu’Andromaque aurait agi".

 

Je suis calé dans le divan, incapable de bouger. La régularité est métronomique. Ensuite tout s’emballe, elle se cambre, s’éloigne, se rattrape, s’accroche. Nous sommes dans une pièce non climatisée, une brise légère fait claquer le battant d'une fenêtre mal fermée. La fenêtre et le divan grincent à intervalle régulier. Dans la pièce insuffisamment ventilée, où nous nous trouvons, l’odeur musquée de sa peau en sueur se mélange subtilement à son parfum aux extraits de fleurs d’oranger. Après une dizaine de minutes, pour se désaltérer, elle termine d'une traite un verre qui contienne une boisson bleutée. Ses sensations sont décuplées, elle balbutie des paroles incompréhensibles, et finit par émettre un hululement d’une grande sensualité, qui raisonne dans la pièce. De ses lèvres roses légèrement ourlées, s’échappent des filins de ce breuvage, qui viennent s’épandre sur son cou, et débordent sur sa poitrine.




Comme un loup, je lape sa peau cuivrée de métisse et récupère une bonne quantité de cet élixire. Ensuite je perds tout contrôle, en ressentant une énergie qui remonte de la colonne vertébrale vers le cerveau. Cette sensation me trouble au point que je me sente partir, transporté ailleurs, dans un endroit indescriptible : le nirvana.

 

Repu, je la quitte, et redescends les escaliers en colimaçon comme quelqu’un qui revient sur terre. Dans la cuisine, je me sers un grand verre d’eau avec des glaçons et un peu de jus de citron vert pressé. J’efface ainsi le goût amer de l’alcaloïde, que contenait sa boisson extatique.

 

Quelques instants plus tard, elle me rejoint. Elle est radieuse, et souriante. Sa mine est superbe, son teint éclatant. Ses yeux bleu azur ont la couleur de la méditerranée. Nous sommes affamés. Elle prend un mélange de poissons, qu’elle fait bouillir avec du safran, pendant 10 minutes. Ensuite, elle baisse le feu. C’est une bouillabaisse : bouillir, puis baisser. C’est exactement ce que je viens de subir.

 

Je lui dis : « J’ai de la chance, en ouvrant la porte, j’aurais pu tomber sur un mastodonte ».

 

Nous rions à ce trait d’humour. Et je remarque, comme c’est le cas pour la plupart des femmes, qu’elle rie presque de la même manière qu’elle gémit. J’ai encore droit à une bonne salve d’hululements.

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